Je ne suis pas mort! Mon Dieu? D’où viennent nos croyances?
Aujourd’hui, cela fait 15 ans que je ne suis pas mort !
Avoir côtoyé la mort nous mène souvent à penser à la vie, à sa fragilité, à la vie après la mort. Ma réflexion m’a été inspirée par un petit mot reçu à l’hôpital qui me disait que : « grâce à Dieu, j’étais vivant ! Dieu, qui, dans sa bonté, ne demandait jamais plus de peine qu’on ne pouvait en supporter.[i] »
Ayant déjà entendu cela dans ma jeunesse, j’ai trouvé qu’effectivement, j’avais bien de la chance d’avoir une épreuve que je pouvais supporter !
Oui, mais, 15 ans plus tard, que m’a appris la pensée réaliste ?
Comme je l’ai déjà écrit dans l’article « Un grave accident: Bonne ou mauvaise affaire? », j’ai eu un accident de la circulation qui m’a laissé partiellement handicapé et souffrant.
Les religions monothéistes nous enseignent que Dieu est un père aimant.
Comment un père aimant pourrait-il souhaiter que son enfant souffre ? Pire, quel père aimant s’amuserait à envoyer des épreuves à son enfant ? Il y a là, réalistement, une antinomie !
Non, Dieu ne nous envoie pas d’épreuves. Non, Dieu le Père ne veut pas la souffrance de ses enfants.
Que fait-il alors ? Je ne le sais pas. Je crois qu’il nous accueille ! Il nous accueille tous ; tous qui que nous soyons !
Dieu, qui nous aime, ne peut refuser de prendre auprès de lui ceux qui, faute à l’univers, n’auraient pu le rencontrer.
Nos pensées et nos croyances, puis nos actions, sont le fruit de notre construction. Déjà, lors de notre apparition dans ce monde, nous portons une historicité. Nous appartenons à une chaîne de générations et notre monde change sans cesse. L’être humain se construit et évolue à travers le temps, ses choix et son époque.
Comme le chante Bernard Lavilliers : « On choisit pas ses parents, […] sa famille, […] non plus les trottoirs de Manille, de Paris ou d’Alger pour apprendre à marcher. »
Tous ces éléments, et bien d’autres, font que nous sommes qui nous sommes !
Je ne suis pas responsable si l’univers n’a pas construit la possibilité que je rencontre Dieu dans ma vie ! Comment Dieu le Père pourrait-il m’en rendre lui responsable et me rejeter ?
Je ne suis pas mort, et j’ai la chance - car je crois que c’est une chance - de croire que Dieu le Père est mon fidèle compagnon. J’ai la chance – je suis certain que s’en est une - d’avoir l’amour fidèle de ma femme et de mon fils, de ma famille et de mes amis !
J’ai de la chance !
[i]Il semble que cela provienne de saint Paul qui aurait dit, selon certaines traductions, quelque chose comme ça dans une de ses lettres adressées aux Corinthiens :
« L’épreuve qui vous a atteints n’a pas dépassé la mesure humaine. Dieu est fidèle : il ne permettra pas que vous soyez éprouvés au-delà de vos forces. Mais avec l’épreuve, il donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter. »
